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La pédagogie du projet
Ecrit par L'équipe Vitacolo | Ecrit dans Pédagogie | Ecrit le 02-04-2010
La pédagogie du projet
Vitacolo a été créée pour réaliser un projet éducatif précis, ce qui signifie que toutes les colos sont liées par une même idée simple :
Notre priorité est de trouver le juste rapport entre l’individu et le groupe, en permettant à l’enfant de trouver sa place au sein du collectif. Pour cela, nous proposons aux jeunes de s’investir dans un projet commun.
Prenez une société humaine, à n’importe quel niveau : un pays, une entreprise, une classe. Les règles qui régissent cette société ont un but essentiel: définir les modalités permettant de distribuer les rôles et donc la place de chacun dans cette société.
Prenons quelques exemples :
Un État fondé sur la monarchie absolue définit la place de chacun quasi-exclusivement à partir de sa naissance. Ainsi, les nobles, par le seul faut de leur naissance providentielle, détiennent les terres et décident du sort des petites gens qui les habitent. La société actuelle définit d’avantages de critères, parmi lesquelles la situation professionnelle, les revenus, la nature du travail accompli (travail éthique et altruiste ou boulot de vandale), la situation amoureuse (célibataire endurcis etc…). Mais force est de constater que la situation professionnelle, c’est-à-dire la contribution de l’individu à la production nationale, a une importance primordiale. Dans une société fondée sur la croissance, la capacité productive d’une personne est au centre de sa capacité à trouver une place convenable dans la communauté nationale. Mais l’investissement dans d’autres types de projets, non professionnels (vie associative, lutte pour ou contre quelque chose, investissement dans le sport ou la culture etc…) représente une très grande partie de l’emploi du temps de chacun et donc peut contribuer à déterminer la place occupée par l’individu. Mener un projet dans une collectivité apparaît donc comme une modalité essentielle de la quête du bonheur ou tout du moins de la considération et de la sympathie de la société (c’est à dire des autres au sens large).
Aussi, lorsque l’on se lance dans une œuvre d’éducation, il est à notre sens primordial d’habituer les enfants à s’investir dans des projets. Toute leur vie les enfants vont enchainer les projets les uns auprès les autres, et leur réussites leur donneront goût à cette dynamique positive qui leur permettra de trouver leur place dans la société.
Une colo est donc avant tout une mini société, qui va très rapidement établir ses hiérarchies, ses règles et écrire son histoire. Notre outil principal pour permettre à chacun de trouver sa place, c’est le projet de la colo. Investir les enfants dans ce projet vous permettra de mener à bien le projet éducatif de l’association.
Cette pédagogie peut aussi être critiquée, essentiellement parcequ’elle est basée sur l‘idée typiquement occidentale que l’individu se définit essentiellement par son action. C’est l’idée qu’il faut forcément agir et produire pour être. Toutes les démarches spirituelles ou philosophiques tendent à démontrer que l’on peut être sans agir, simplement en méditant, en apaisant les passions, en se questionnant sur soi même et en s’affranchissant du poids du regard des autres. Il serait alors possible d’atteindre un niveau de sagesse et de bonheur supérieur. C’est pour cette raison que certains organisme vont d’avantage considérer les activités comme un prétexte que comme un but en soit, en proposer des séjours axés simplement sur le plaisir d’être ensemble et de se reposer.
Vitacolo comprend tout à fait cette démarche, mais nous n’y souscrivons pas car nos principes éducatifs sont basés sur la volonté de permettre à l’enfant d’acquérir tous les outils pour s’intégrer parfaitement à la société telle qu’elle est, c’est à dire essentiellement basée sur le travail, l’utilisation du temps libre et l’engagement en faveur des autres. Le fait que nous soyons une association laïque nous conduit à avoir une vision sociétale et non individuelle et spirituelle de l’éducation : nous prenons l’enfant en tant que membre d’un groupe et non comme un individu affranchi de sa relation au groupe.
