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Nouveau statut des animateurs : la position de Vitacolo.
Ecrit par L'équipe Vitacolo | Ecrit dans Prises de posiiton | Ecrit le 14-11-2011
L’actualité récente a été marquée par l’arrêt du conseil d’Etat, statuant après renvoi vers la Cour de Justice de l’Union Européenne, qui insiste sur la nécessité de prévoir un repos minimum des animateurs et directeurs recrutés sur les colos.
Vitacolo n’est pas pris au dépourvu par cette décision, dans la mesure où le repos des animateurs a toujours fait partie de nos priorités. Notre charte de qualité prévoit depuis 3 ans la possibilité pour les animateurs de bénéficier de temps de repos accrus, grâce à notre taux d’encadrement d’1 adulte pour 5 enfants (au lieu d’1 pour 12 exigé par la réglementation). Ainsi, une partie des activités, notamment celles de l’après midi et du soir, ne nécessitent pas la présence de l’ensemble de l’équipe, qui peut donc par roulement, se reposer davantage. Vitacolo pourra donc faire face à la nouvelle réglementation, moyennant quelques ajustements dans l’organisation des journées.

Néanmoins, il nous semble important que les animateurs puissent rester potentiellement disponibles en permanence, pour faire face à n’importe quelle situation, notamment la nuit. Le droit du travail, en l’état, peut difficilement prendre en compte cette présence permanente auprès des enfants, comparable à une astreinte : l’animateur qui dort près de la chambre des enfants peut être amené à intervenir à tout moment, bien qu’en réalité tout se passe sans aucun problème dans 99,9% des cas. Faudrait-il, pour avoir juridiquement la possibilité de maintenir nos animateurs auprès des enfants en permanence, recruter deux fois plus d’animateurs, pour constituer une équipe de jour et une équipe de nuit ? Nous pensons que cela ne correspond en rien à la tradition d’éducation populaire française. Les colos ont pour principale vocation de créer du lien entre enfants et encadrants, sous une forme différente de ce qui existe dans la famille et à l’école. Cette forme de séjour permet à chacun de trouver sa place ans un groupe unique qui se fabrique une histoire. Il n’y a qu’à observer les fins de colos pour le comprendre : les larmes des animateurs répondent souvent aux larmes des enfants. Un groupe qui a vécu en vase clos pendant 15 jours, avec ses moments d’euphorie mais aussi de tension et de doute se trouve très rapidement uni par des liens que personne ne souhaite rompre au moment du départ.
Les colos constituent pour chaque participant une expérience, une tranche de vie irremplaçable, que ni le conseil d’Etat ni la Cour de justice ne peuvent saisir dans leur décision fondée sur le parallélisme avec le code du travail. S’il y a chaque année autant d’animateurs qui souhaitent s’engager sur les colos, dont les rémunérations sont nettement moins intéressantes que dans les centres aérés et autres jobs d’étés traditionnels, ce n’est pas pour se sacrifier : adultes et enfants recherchent dans les colonies une expérience de vie en collectivité qui n’a pas d’équivalent ailleurs. Cette absence d’équivalent, à notre sens, nécessite une règlementation spécifique, située en dehors du champ du droit du travail.
Par ailleurs, il nous semble important de s’interroger sur la nature même des colonies de vacances. Sont-elles des « produits », terme utilisé par la plupart des sociétés travaillant dans le secteur des vacances pour enfants? Les personnes concourant à la réalisation de ces « produits » sont-elles autant intéressées par le bénéfice dégagé en fin d’année, ou par l’investissement éducatif et émotionnel auprès des jeunes? Plus largement, le fait d’encadrer des colos doit-il être considéré comme un véritable travail, un job d’été interchangeable avec un poste chez Mac Do ? Si oui, les colos sont-elles devenues de simples services à consommer en faisant intervenir des animateurs différents toutes les 8 heures? Cette question mérite d’être posée. Elle démontre que le législateur va devoir prendre position sur une question essentielle : celle de la différenciation entre les séjours pour enfants organisés dans un but commercial, et les colonies issues d’une véritable démarche d’éducation populaire.

L’engagement de l’animateur en colo correspond à un véritable don de soi, principalement sous la forme d’un don de temps. La compensation financière qui lui est accordé ne couvre pas le temps consacré aux enfants et les responsabilités endossées, particulièrement pour les directeurs de colos. Il y a donc une grande partie de l’engagement de chaque animateur qui est en quelque sorte « gracieusement offert » à l’organisme de colo. Il est donc légitime de s’intéresser aux personnes à qui profitent ces dons massifs effectués chaque année par le personnel pédagogique des colos. Si cet engagement permet de maintenir sur les colos un maximum de mixité sociale, d’égal accès aux séjours malgré le handicap, mais aussi la possibilité de participer à des activités à vocation éducative, sans rechercher à tout prix le divertissement de l’enfant roi, alors les animateurs doivent pouvoir continuer à donner de leur temps et de leur énergie. En revanche, si ce don n’a pour vocation que de servir la répartition d’un bénéfice entre des actionnaires, alors la question de la validité du contrat d’engagement éducatif devra être posée de façon sérieuse. Il est donc temps pour le législateur de clarifier la notion d’engagement éducatif, afin d’éviter le détournement de ce contrat dérogatoire à des fins purement commerciales.

[...] Pour en savoir plus, nous vous proposons de lire et commenter l’article paru sur notre blog: animateurs, conseil d’Etat et contrat d’engagement éducatif. © 2010 Association Vitacolo 67 rue de saint Cyr – 69009 Lyon N° de Siret : [...]
Que dire… ? En tant que professionnel de l’Éducation Populaire, je ne peux que me révolter d’une telle mesure. J’essaie actuellement de me calmer pour éviter d’écrire des mots grossiers et les insultes directes envers ceux qui, pour des raisons entièrement politique, ont osé porter un tel coup de matraque à notre milieu. Cette mesure est pour moi un acte volontaire de détruire purement et simplement l’Éducation Populaire. Depuis que les colonies de vacances existent, le personnel (animateur comme directeur) accepte des conditions de travail très dures afin de permettre à des associations à but non lucratif, de participer à l’éducation d’enfants (ou d’adulte d’ailleurs). Jamais personne ne s’est plaint de telles conditions. On peut se plaindre des salaires très bas dans certaines associations mais pas des conditions de travail. Le CEE est une horreur, certes ! Mais il a permis à des centaines de milliers, voir des millions d’enfant, de faire et de voir des choses qu’il n’auraient pu faire en allant dans un club de vacances débile, encadré par des chèvres dont le seul souvenir qu’ils auront sera la chorégraphie de la « danse du club » et l’élection de miss et mister machin. Bref, je ne vais écrire 5 heures que je vomit sur une telle mesure. En revanche, comment continuer à proposer des séjours géniaux à prix raisonnable ? Respecter la nouvelle règlementation revient à doubler l’effectif et donc augmenter considérablement le prix des séjours, les montants des subventions n’étant certainement pas revues à la hausse… Alors quoi ? Baisser le salaire des animateurs et directeurs ? C’est déjà assez difficile de trouver des bons animateurs acceptant de se déplacer pour quelques centaines d’euros par mois…
En revanche, n’est-il pas possible de « tricher » ? Embaucher un animateur en CEE, sachant qu’il sera déclaré animateur CEE pendant 13 heures et bénévole le reste du temps ? Dure d’expliquer ça lors d’un contrôle de Jeunesse & Sport…
Sinon, ce que je pense de l’usage du CEE par des sociétés commerciales ? Quelle blague ! La porte ouverte à toutes les dérives ! A quand les boulangers, déménageurs, ouvriers du BTP et de l’automobile en Contrat d’engagement EDUCATIF ? Quoi ? Vous ne trouver pas que serrer des vis, porter des cartons et pétrir de la pâte c’est de l’EDUCATION ?
Bien… Je crois que plusieurs choses ont déjà étaient dites!!
En effet, cette mesure va mettre sérieusement à mal la vie des colos. Cela fait bientôt 7 ans que je suis animateur en colonie et les moments passés en colo sont à jamais dans ma mémoire! Je pense avoir apporté certaines choses positive à des enfants comme à des adultes et chose encore plus extraordinaire avec les colos, c’est que celles-ci m’ont apporté 1000 fois plus encore que tout ce que j’ai pu donné!!!
Il n’y a aucun mot qui puissent décrire le monde merveilleux et fantastique de l’animation en colonie.
Si je fais de l’animation et si effectivement j’accepte avec plaisir d’être mal payé par rapport à d’autres travaux c’est bien évidemment que l’apport et l’enrichissement dû aux colos est inestimable. Il est vrai que l’on a des horaires de fous, de grosses responsabilité, parfois de sérieux conflits à gérer…mais nom d’un chien ne nous enlever pas le droit de le faire de notre plein gré parce-qu’on aime ça!!!
On aime se coucher à 4h du mat parce-que l’on a construit un bâteau pirate de fou, parce-que l’on a reconstitué un musée, parce-que l’on a créé des fantômes suspendus pour une journée Harry Potter, parceque l’on plante Excalibur!!! Laisser nous courir pendant 15h d’affiler pour rire, jouer… avec les enfants et les collègues! Ne priver pas des enfants et des adultes (anims et directeurs) de vivre des moments tout simplement magique! N’empêchez des enfants de tous milieux, de toutes origines, de caractéristiques totalement différentes, de vivre des moments comme il les ont vécus!!!
Si les colonies attirent autant de monde c’est parce-que la force de l’ambiance de groupe que l’on y trouve est indescriptible et tellement fabuleux! Mais cet esprit se crée seulement si les gens peuvent vivre ensemble vraiment à chaque instant de la colonie!!!!!
Ces nouvelles mesures, c’est donc la fin de tout cela!!!!!!!!!
Ouvrir le CEE aux entreprises et à tous c’est supprimé tout ça!
En effet, si tous ces moments et toutes ces choses sont possibles, c’est que les anims et directeurs sont là pour s’investir pour les enfants, leur inculquer des valeurs, leur faire vivre des choses inoubliables, des moments extraordinaires … c’est parce-que on choisit de s’investir pour ces valeurs, pour ces moments et pas pour l’argent, pas pour une entreprise qui fait partir des enfants pour s’enrichir mais pour une association qui fait partir des enfants pour les enrichir!!!!!!!!!!!!
Pour ce qui est du fonctionnement de Vitacolo, je pense que les animateurs peuvent gérer des temps de repos… sans qu’il y ait besoin de doubler les effectifs puisque de toutes façons, c’est impossible!
Alors oui, je trouve scandaleux que l’on ouvre les CEE aux entreprises parce-que effectivement, c’est la porte ouverte à de grosses dérives et la course à la rentabilité et non à la créativité, l’imaginaire, la mise en place de projets, le passage de valeurs éducatives…
Laissez nous vivre nos colos comme on veut les vivre, c’est à dire à 1000% et à plein temps, pour des valeurs que l’on choisit et non pas pour de l’argent!
Voilà, gardons l’esprit colo et pas l’esprit entreprise.
Sylvain….ou Lancelot…ou Pikachu…
Les sociétés peuvent depuis le départ, faire signer des CEE.
On en parle car pour nous, il crée un malaise : la quantité de travail fournie à un coût bas permet une répartition de bénéfices (mais pas au profit de l’animateur bien entendu…).
[...] Actuellement, la Cour de justice de l’Union Européenne, qui a statué à la suite d’une question préjudicielle du Conseil d’Etat, demande à ce que le Contrat d’Engagement Educatif prévoir une période de repos de 11 heures par tranche de 24h, pour l’ensemble des animateurs. En s’organisant un peu, avec un taux d’encadrement comme le notre, nous pensons qu’il est possible d’appliquer cette nouvelle disposition sans augmentation du prix du séjour. Vitacolo a pis position sur la question très débattue l’opportunité de cette nouvelle mesure, et de façon générale sur l’ulisiation du contrat d’enaggement éducatif dans l’éducation populaire. L’article est disponible sur notre blog: Contrat d’engagement éducatif et Conseil d’État. [...]
D’accord Nico, alors pour répondre à cela je suis tout à fait d’accord avec le fait qu’il faut une clarification de la notion d’engagement éducatif pour bien différencier les buts poursuivis par l’organisme sur le fait de faire partir des colos . Comme il l’est dit plus haut, l’animateur fait un don de soi et de son temps parce-que ce qu’il en retire n’est pas seulement financier mais bien plus fort que cela!!
[...] l’occasion de son anniversaire, l’Association tient à remercier tous ses adhérents, animateurs et partenaires en les invitant à participer à une journée exceptionnelle. Vitacolo a en effet [...]
[...] 1 animateur galop 7 dans [...]
[...] b) Le profil des animateurs [...]
[...] Le contrat d’engagement éducatif (CEE) régit les rapports entre les organismes de colonies de vacances et leurs équipes pédagogiques, c’est à dire les animateurs et directeurs. Ce contrat a été créé par une loi de 2006, sous la pression des partenaires sociaux. L’objectif était d’instituer un outil juridique adapté aux besoins du monde de l’éducation populaire en ce qui concerne le droit du travail. Vitacolo est donc concerné directement par les changements qui ont pu intervenir en la matière. [...]
[...] l’Education Populaire. Nous avons posté un article détaillé sur notre blog concernant ces nouveautés du contrat d’engagement éducatif. N’hésitez pas à venir y poster vos commentaires [...]