Depuis près de dix ans, les entreprise privées ont investi le secteur des colonies de vacances, et on ainsi transformé ce qui était jusque là monopolisé par les organismes publics, les associations et comités d’entreprise, en un véritable marché sur lequel la concurrence règne.
Comme souvent, la concurrence n’a pas apporté de baisse des prix, au contraire. Etant assujetties aux impôts commerciaux (et donc notamment la TVA), les sociétés ne pouvaient pas prétendre répartir le bénéfice entre les fondateurs tout en proposant des colonies au même prix que les associations à but non lucratif, exonérées de TVA et autres impôts sur les sociétés. Les entreprises ont donc joué avec succès la carte de la qualité et de la publicité pour de faire une place et un nom parmi les monstres sacrés que sont l’UCPA, l’UFCV, Vacances Pour Tous et ses ramifications que sont les Fédérations des oeuvres laïques.
Les entreprises, avec leurs idées novatrices, leur marketing et leur publicité, ont dépoussiéré le concept de colonie de vacances, en axant leur approche sur la thématique des séjours, et non plus sur la localisation géographique. On ne partait plus en colo « à la mer » ou « à la montagne » : dans des catalogues de 200 pages les enfants étaient amenés à choisir une thématique forte pour leur séjour : musique, cuisine, ateliers scientifiques…
Face à cette évolution, les associations se sont retrouvées face à un défi majeur : se moderniser ou disparaître progressivement. L’Etat ne subventionnant plus les organismes de colo, c’est tout le milieu de l’éducation populaire qui était menacé. D’une part, les séjours proposés par les entreprises proposaient des conditions d’accueil, d’encadrement et de sécurité souvent supérieures à ce qui existait ans le milieu associatif. D’autre part, l’attractivité des séjours proposés par le secteur lucratif était de loin supérieure à celle des associations d’éducation populaire. Les entreprises avaient réussi à se faire une place, l’enjeu était maintenant de faire en sorte que les associations ne perdent pas la leur.
En quelques années, les associations ont su redresser la barre en se modernisant, tout en essayant de ne pas perdre leur âme. Contrairement aux entreprises, elles devaient poursuivre comme objectif de maintenir la mixité social sur les séjours, afin que les colos conservent leur intérêt pédagogique originel, qui était de mettre les vacances à disposition de tous les enfants.
Afin d’éviter qu’il n’y ait désormais des « colos de riches » et « des colos de pauvres », d’où seraient d’ailleurs exclues les classe moyennes, qui ne bénéficient d’aucune aide de l’état mais ne peuvent financer seuls des colonies pour leurs enfants, l’éducation populaire se trouvait face à son plus grand défi.
De gros organismes tels que l’Association Temps Jeunes ou Vacances pour tous ont progressivement modifié leur approche des colos, en proposant des séjours plus thématiques, et en créant des chartes de qualité renforçant leurs arguments pour convaincre les parents de les rejoindre. Dans le même temps, des organismes nouveaux se sont créés, avec des idées novatrices qui ont rapidement connu un franc succès. C’est notamment le cas de l’Association Vitacolo, qui a proposé, dès sa création, des colonies de vacances thématiques et éducatives pensées pour favoriser l’unité des jeunes, basées sur un taux d’encadrement d’ 1 animateur pour 5 enfants, et des thématiques très attractives. L’Association a financé dès le début des dispositifs permettant aux enfants de partir en colo quels que soient les revenus de leurs parents, mais aussi une politique d’aide au départ d’enfants porteurs de handicap. Seule association à mettre à place ces aides, Vitacolo a aussi créé la réduction pour les familles nombreuses.
Les parents, invités à participer aux soirées de fin de séjour, ont pu constater que ces colos moderne et associatives permettaient d’allier qualité d’accueil, pédagogie et prix modéré, tout en permettant aux enfants de passer des vacances inoubliables. Les taux de satisfactions étant identique à ceux des sociétés, l’association s’est ainsi trouvé sa place dans le monde des colonies de vacances.
Sans jamais faire de publicité, Vitacolo se fait connaître par ses contributions sur internet et le bouche à oreille. Chaque année, le nombre de ses adhérents double sans qu’aucun budget publicitaire ne soit déployé.